ENTRETIEN : La naissance du film D'une seule voix, par Xavier de Lauzanne

Comment est née l’idée de faire un film sur cette tournée ?

En novembre 2004 j’ai été appelé par Richard Boutry, alors Rédacteur en chef et présentateur de « KTO magazine » sur la chaîne KTO, pour faire un reportage sur un concert exceptionnel à Jérusalem, réunissant des artistes juifs et arabes d’Israël, ainsi que des artistes arabes de Cisjordanie et de Gaza. Ce genre de chose n’arrive jamais là-bas et c’est un Français qui avait réussi cet exploit : Jean-Yves Labat de Rossi, producteur de musiques classiques et traditionnelles. Pendant le concert, l’émotion dans le public était tangible. J’entendais des murmures autour de moi, des laïcs et des religieux de toutes confessions fredonner les airs en même temps que les artistes. L’atmosphère était hors du temps, hors de la réalité israélo-palestinienne. J’étais impressionné. Mais la présentation sur scène n’était que la partie émergée de l’iceberg. J’essayais d’imaginer tous ces artistes ensemble dans les coulisses… C’était là que tout se jouait finalement… J’avais envie d’y être !
Lorsque j’ai appris qu’une tournée en France était en projet, je suis parti rencontrer Jean-Yves et Anne Dieumegard, sa compagne, dans leur petit village de Saint-Avit-de-Tardes, situé dans la Creuse. Dans un ancien presbytère aux murs épais, adossé à l’Eglise, j’ai découvert des personnages insolites qui, du fin fond de leur campagne, téléphonaient à Jérusalem, à Gaza et au Caire, pour permettre à ces artistes de se côtoyer et de former ensemble une troupe. En revenant sur Paris, j’avais le sentiment de tenir entre les mains une histoire étonnante pour laquelle je n’aurais pas de mal à convaincre. La suite s’est en réalité révélée moins simple…


Dans quelles circonstances le tournage a-t-il débuté ?

Les réponses des chaînes de télévision sur le projet n’ont pas été encourageantes… Néanmoins, nous ne pouvions concevoir l’abandon du sujet : des occasions comme celle-ci ne se présentent qu’une seule fois. Nous avons donc décidé, avec mon associé à la production, François-Hugues de Vaumas, de mener à terme ce film, quelles que soient les conditions de production. En février 2006, lorsque Jean-Yves est allé en Israël rencontrer les musiciens qu’il voulait inviter, je l’ai donc suivi avec ma caméra. J’ai ensuite filmé la tournée en France, toujours sans avoir de cadre de diffusion. Il n’y a donc eu aucun repérage. Je n’ai pas cherché à faire de figures de style. Mes priorités étaient de faire une image soignée et parlante, de raconter distinctement l’histoire qui se déroulait devant mes yeux sans avoir recours à une voix off et de saisir utilement les imprévus pour en dégager le sens. J’étais convaincu de pouvoir élargir la portée de cette expérience humaine incroyable, à travers un film exigeant mais accessible. Certains artistes ne voulaient pas être interviewés, je le savais et n’insistais pas. Pour les autres, j’étais partie intégrante de la tournée et ils se livraient avec simplicité. Même si la finalité de ma démarche leur paraissait floue, je bénéficiais de la confiance qu’ils accordaient à Jean-Yves. Je me sentais absolument libre de les filmer comme je le voulais, et j'ai pu développer une vraie complicité avec eux, transformée par la suite en amitié.


Quel a été le moment fort du tournage au Moyen Orient ?

Le moment le plus fort fut notre passage à Gaza et ma rencontre avec Atef Okasha, le directeur musical de l’Ensemble musical de Palestine. À ce moment, la situation à Gaza était complexe : veille des élections législatives qui verront la victoire du Hamas, polémiques sur les caricatures et sur les photos d’Abou Graïb, enlèvements d’occidentaux… Le consulat de Jérusalem, conscient de l’importance du projet, nous a exceptionnellement obtenu une autorisation de passage. Leur voiture blindée nous a déposés au centre culturel, fermé à cause d’une roquette tombée dans le jardin la semaine précédente. Atef est ensuite venu nous chercher pour nous emmener dans les locaux de la télévision où se trouvait son studio de répétition. Pendant trois jours, Jean-Yves a fait ses enregistrements avec le groupe pour éditer un CD (« Gaza » chez Ad Vitam records). Le soir, l’enregistrement était perturbé par des bombes « sonores » lancées par les Israéliens dans les no man’s land de Gaza. Elles ne se voient pas mais s’entendent dans toute la ville, maintenant la pression psychologique sur la population. Dans cette drôle d’atmosphère, une grande amitié est née entre Atef et nous. Pour lui, ma caméra était comme un porte voix pour parler au « monde ». De sa prison à ciel ouvert qu’est devenue la Bande de Gaza, il me disait des choses graves avec poésie. Voilà une personne qui cherche à se défaire de la rancœur « facile » envers les Israéliens. C’est un grand musicien avec « le langage qui chante et les yeux qui pleurent ». Il y a plusieurs années, il allait régulièrement jouer et chanter en Israël. Ensuite, limité à Gaza, il animait les mariages avec son groupe. Aujourd’hui, il a tout perdu : son groupe, ses instruments, son gagne pain… Malgré cela, il s’obstine à militer pour le dialogue. Je l’admire profondément.


Qu’est-ce qui vous a le plus choqué sur place ?

Le mur. Ce mur qui lacère les paysages, comme une excroissance hideuse, comme une anomalie de l’Histoire, comme un échec. Ce mur qui emprisonne physiquement les Palestiniens et intellectuellement les Israéliens. C’est un mur qui jette l’opprobre sur la communauté internationale et dont la symbolique dépasse largement le cadre israélo-palestinien. Je suis chrétien et je suis affligé de devoir passer sous des miradors et devant les chiens pour aller à Bethléem me pencher sur le berceau du Christ. Et encore, je n’ai pas trop à me plaindre car j’ai la possibilité de passer… Je n’ai pas vécu la terreur des attentats, je n’ai pas peur de voir mes enfants prendre le bus le matin pour aller à l’école, je ne juge pas les Israéliens qui approuvent la construction du mur au nom de la peur. Je suis simplement frappé par leur ignorance de la vie des Palestiniens. Leur gouvernement leur interdit d’aller dans les Territoires. Ils n’ont aucune idée de la misère sociale que provoque le mur. Ils se voilent la face et n’entendent pas les cris. Cette situation est forcément dangereuse pour eux. Je suis aussi consterné par ces personnages politiques, des deux côtés, médiatiquement bien accompagnés, qui maintiennent la société dans la crainte pour mieux arriver au pouvoir. C’est un abus du système démocratique et c’est un exemple de ses limites. Le grand malheur dans la gestion de ce conflit est de ne pas avoir de leaders charismatiques, responsables et intègres.


A quelles difficultés étiez-vous confrontés lors du tournage en France ?

Il y en a eu de toutes sortes. D’abord, la complexité logistique de la tournée. Imaginez : cent musiciens, issus de pays en guerre, dans deux bus, pendant vingt jours, sur les routes des quatre coins de la France, pour quatorze concerts ! Les Israéliens arrivaient de Tel-Aviv, les Cisjordaniens de Aman et les Gazaouis du Caire ignorant jusqu’à la dernière minute s’ils allaient réussir à passer la frontière de Rafah… Jean-Yves et Anne ont organisé cette tournée avec des moyens relativement modestes. Chaque journée coûtait cher, il a donc fallu faire vite et les musiciens ont été rapidement épuisés. Faute d'un encadrement suffisant, il y avait beaucoup de confusion. Tout de suite, j’ai été pris à parti par les musiciens alors que j’étais là pour filmer. Je donnais des coups de main au début mais il a vite fallu que je me recentre sur ma caméra.
Par ailleurs, je voulais faire un film libre. Je me disais que la télévision n’en voulant pas, je le ferai pour le cinéma, sans contraintes autres qu’artistiques. J’imaginais un film qui raconte sans être raconté (par une voix off), qui prenne le temps de s’installer. Un film que les gens s’approprient eux-mêmes par une narration reposant essentiellement sur la spontanéité, tout en étant riche d’idées et de questionnements. Dégagé des analyses du conflit qui ont toutes été faites, je voulais un film vivant et chaleureux, avec des échanges tout simples qui répondent à nos besoins fondamentaux. C’est peut-être pour cela que le film émeut autant et qu’il est universel. Au tournage, il me fallait donc être là au bon endroit et au bon moment. Les sens en alerte, j’observais le moindre mouvement. Je ne cultivais pas de vision angélique ou naïve du projet. Je savais que des amitiés allaient naître, ça me semblait évident. Alors je guettais les malentendus, les susceptibilités, les tensions qui apporteraient au film sa crédibilité. Quand surgissait un problème, j’étais mal à l’aise pour les musiciens mais rassuré pour mon film. Ensuite, je me suis mis à surveiller les petits gestes, signes des amitiés naissantes. Enfin, il fallait se donner la possibilité au montage de reconstituer des parties musicales alors que je n’avais qu’une seule caméra. Chaque soir, mon dilemme était de savoir si j’allais filmer sur scène où dans les coulisses. Sur scène, il fallait à chaque fois prendre des angles de vues différents pour amener le plus de diversité possible au montage et faire croire ainsi à des extraits de concerts filmés en multi-caméra. Vus les moyens dont nous disposions, je suis content du résultat.


Le montage a-t-il été compliqué ?

Après le tournage, le montage fut une autre expérience forte. J’avais plus de cent heures de rushes sur les bras et je ne souhaitais pas les monter moi-même. J’avais besoin de recul, d’y voir clair. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Florence Ricard qui a longtemps assisté Marie-Joseph Yoyotte (grande monteuse du cinéma français, récompensée de trois Césars). Elle a accepté de travailler avec moi pour la moitié de son salaire habituel. Le montage a duré vingt semaines. La tâche était considérable. Tout d’abord, il n’y a rien de pire qu’une tournée à monter, avec son alternance scène/coulisses qui peut être lassante. Il fallait donc que la chronologie de la tournée corresponde à une progression narrative qui ait du sens. Nous devions garder l’équilibre entre les Israéliens et les Palestiniens, ne pas rentrer dans la polémique tout en racontant les faits, plus ou moins positifs, et sans détours. Il fallait gérer beaucoup de personnages à la fois, s’attacher à certains d’entre eux tout en restant dans l’aventure collective. Il fallait faire venir l’émotion qui avait été ressentie dans les coulisses et sur laquelle repose la force du film : une émotion légitime, progressive, naturelle, sans mièvrerie. Et enfin, reconstituer les parties musicales. Le défi était important, les nuances à respecter nombreuses, le sujet sensible… La complicité et la complémentarité que nous avons eues sur ce travail ont été essentielles. De cette étape qui aurait pu être chaotique et pénible, je garde un souvenir très dense.


Peut-on dire que c’est un film musical ?

Oui et non. Dire que c’est un film musical est un peu réducteur. Le film parle des fondamentaux que sont le dépassement des idées préconçues, de la haine gratuite, de l’ignorance. Il raconte les débuts d’une formidable aventure humaine qui se poursuit aujourd’hui. La musique est ici plus qu’un divertissement. Elle est montrée dans son aspect le plus subtil et le plus riche. Comme je vous l’ai dit, je me suis intéressé à cette tournée car elle avait, à mes yeux, une portée politique. Je l’ai filmée comme tel. Dans les médias, ceux qui l’ont traitée uniquement comme un évènement musical ont omis son sens profond. Souvent, à l’instar des musiciens qui suivaient dans les journaux le récit de leur expérience, je n’y trouvais pas mon compte. Ce que nous vivions paraissait « facile ». Or, la France est l’un des seuls pays au monde où un tel évènement peut se produire. Un projet de cette nature et de cette envergure n’avait jamais été réalisé auparavant. L’expérience qui a été faite en coulisses et l’image qui a été donnée au public a de quoi nourrir beaucoup de réflexions : politiques, sociales, historiques, philosophiques, religieuses, artistiques… il y a le choix et ce sont des questionnements plutôt actuels.


Vous dites que ce projet n’avait jamais été réalisé mais il y a eu celui de Daniel Barenboïm ?

Le rapprochement est effectivement évident. Mais la différence est grande. J’ai beaucoup d’admiration pour Daniel Barenboïm qui utilise sa notoriété au profit d’une cause identique à celle que défend Jean-Yves. Mais il s’agit d’une toute autre manière de la mettre en scène et de la vivre. Pour Daniel Barenboïm, la musique sera toujours prioritaire. La raison pour laquelle il intègre un musicien dans son orchestre, ce n’est pas en priorité parce qu’il est Juif ou Arabe, c’est parce que c’est un virtuose. D’autre part, s’ils sont Juifs ou Arabes, les musiciens de Barenboïm sont issus de la diaspora juive et ne vivent pas dans les territoires palestiniens. Ils ne jouent pas non plus leur propre musique mais les grandes œuvres occidentales. Ce que j’aime dans le projet de Jean-Yves, c’est qu’il est basé sur l’Homme avant tout, et qu’il est aussi plus artisanal. Les musiciens viennent tous d’Israël, de Cisjordanie ou de Gaza. Par ailleurs, musicalement, chacun est venu avec son propre répertoire. Ils ne jouaient pas tous ensemble mais ils se succédaient sur la scène qui faisait alors office de trait d’union. Vivant au quotidien le conflit de chaque côté du mur, la musique était le vecteur de leur rencontre. L’objectif des concerts était de faire connaître leurs diversités musicales, et donc identitaires, ensemble. À mes yeux, toute la nuance et l’intelligence du projet se situent dans ce principe de départ. Ce n’est que maintenant, après cette première expérience et des liens d’amitié tissés avec plus ou moins de facilité, qu’ils expriment le désir de faire évoluer les choses sur scène et de jouer ensemble. La scène devient alors le reflet des coulisses.


Dans quel état d’esprit les musiciens sont-ils repartis ?

La veille du départ, il y a eu une scène surréaliste que je n’ai pas mise dans le film, craignant de heurter la susceptibilité des personnes violemment atteintes par le conflit. Après un dernier dîner dans un restaurant parisien, les musiciens partaient dans des directions différentes en fonction des avions qu’ils avaient à prendre. Sur le trottoir, ils sont tous tombés dans les bras les uns des autres, extrêmement émus, Juifs-Arabes-Musulmans-Chrétiens-hommes-femmes-prêtre-rabbin… Leurs accolades me fascinaient car elles étaient le résultat de vingt jours de vie commune et l’expression de la liberté. Pour ceux qui pleurent leurs défunts, qui veillent leurs blessés, je comprends que cette image puisse être insupportable. J’ai préféré finir la tournée sur un acte identiquement libre, mais justifié par la scène, lorsqu’ils dansaient ensemble devant les ovations du public. Après, il y a eu le retour à la réalité qui a été terrible… La tournée à été difficile pour eux, ça a été une épreuve qu’ils ont vécue ensemble. Elle marque de façon indélébile leur manière de s’appréhender mutuellement. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont eux, lors des échanges que nous avons encore maintenant. Après avoir vu le film, plusieurs d’entre eux sont venus me voir en me disant : « Merci de nous montrer comme des gens normaux… »


Le film a-t-il une résonance particulière aujourd’hui ?

Les derniers bombardements de Gaza ont dramatiquement marqué l’opinion publique. Dramatiquement, parce qu’à mon sens, les images que nous avons vues n’ont malheureusement fait que renforcer les clivages de toutes sortes. On assistait au décompte laconique des morts et puis on s’insurgeait le lendemain avec ses collègues de bureau, sa famille ou ses amis… Tout le monde avait la rage et aucune solution n’était abordée. De mon côté, je m’entendais dire au téléphone par les unités documentaires de France Télévision que mon sujet ne concernait pas la société française, que ça ne les intéressait pas. Franchement, c’était grotesque. Nous sommes donc comparables au public des arènes romaines, debout après le spectacle, la main levée, le pouce en bas, invités après le carnage à quitter les lieux. Pas étonnant qu’il y ait ensuite des réactions stupides de la part de gens qui ne savent même pas que judaïsme et sionisme sont deux choses différentes.
Actuellement, le poids des morts a pour seul mérite de rendre plus difficilement supportable celui de sa propre ignorance et de son inaction. J’ai l’impression que depuis la guerre de Gaza, plus de gens recherchent d’autres axes de réflexion face à la confusion que sème l’importation du conflit en France. Historiquement et religieusement, nous sommes directement liés à ces territoires. A défaut de bâtir sur ce lien, il devient prétexte à la division, au communautarisme et à l’extrémisme pour dénaturer la mixité de notre société. Il existe donc aujourd’hui un réel besoin de créer le débat sur des bases constructives, avec des supports qui encouragent le dialogue. La télévision nous abandonne avec des images de terreur dans la tête. Or, la véritable nature de l’Homme se révèle dans son combat pour sa dignité. Pour notre équilibre moral il nous faut ces images-là aussi. C’est pour cette raison que nous nous sommes tant investis dans la réalisation de ce film, et que nous nous battons aujourd’hui pour le faire exister au cinéma. C’est aussi pour cette raison que j’envisage une suite. En effet, le film raconte la naissance d'une aventure qui se poursuit en ce moment avec d’autres concerts, d’autres évènements qui les font encore évoluer dans leurs relations. Cela permet de poser plus précisément la question des retombées individuelles et collectives d'un tel projet dans le temps.


Ce projet vous a-t-il enrichi personnellement ?

Il n’y a pas longtemps, je suis tombé sur un article écrit autour de la question suivante : pour tenter de reconstruire sur les décombres des idéologies qui ont semé le malheur, le défi majeur du XXIè siècle ne sera-t-il pas de passer d’une culture de guerre et de violence à une culture de paix et de non-violence ? Dans ce papier, l’écrivain et philosophe Jean-Marie Muller dit : « Le respect du vivant nous amènera à réintégrer la sensibilité comme un élément fondamental et non secondaire de l’esprit. Intelligence sensible, sensibilité intelligente sont les portes de notre avenir ». Je pense que c’est précisément la raison pour laquelle l’art tient une place importante dans la construction de la paix. En nous extrayant du champ politique et en créant des liens dans celui du sensible, l’art nous ouvre sur l’utopie sans laquelle il y aurait peu d’espoir. Quelqu’un, après avoir vu le film, m’a parlé du philosophe Emmanuel Levinas en me donnant cette autre citation : « Le visage est ce qui nous interdit de tuer. [...]Le visage est signification, et signification sans contexte. »(Ethique et infini). Cette phrase me plaît car elle raconte le film dans son absolu. Le solfège est l’un des seuls langages universels au monde. Ainsi, la musique permet d’appréhender le visage de l’autre, quelle que soit son origine, comme appartenant à la même nature. Pour conclure, Maya Shavit, la directrice israélienne du chœur Effroni, nous dit dans le film : « Lorsqu’on chante la musique de l’autre, on ne peut plus le bombarder ». Tout est dit. Cette expérience m’a fait prendre conscience de cette dimension de l’art, de l’utilisation que l’on peut en faire pour cheminer vers un monde plus cohérent.